Problématique
Contrairement à l’annonce de Nicolas Sarkozy, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, la fermeture du camp de
Sangatte et sa destruction en décembre 2002 sont loin d’avoir réglé le problème des exilés en transit pour
l’Angleterre. La ville de Calais continue en effet de voir arriver chaque jour des exilés qui cherchent un refuge en
remontant toujours un peu plus vers le nord après un passage par d’autres Etats européens. En outre, Calais
n’est plus la seule escale du Nord-Ouest de la France : des exilés sont aujourd’hui présents dans les différents
ports assurant des liaisons maritimes, ainsi qu’à proximité de diverses stations-service ou aires d’autoroutes
fréquentées par les camions qui se rendent en l’Angleterre.
La multiplication des campements informels sur l’ensemble des régions littorales de la Manche et de la Mer du
Nord constitue l’une des principales conséquences de la fermeture du camp de Sangatte et du durcissement des
contrôles migratoires qui l’ont suivie. Les exilés qui y vivent sont confrontés à différentes formes de mise à l’écart,
à des conditions matérielles déplorables et à des contrôles répétés par les forces de police. Cette dispersion rend
le phénomène moins visible, ce qui a permis aux pouvoirs publics de laisser croire que ces étrangers avaient peu
ou prou disparu et que la question était pour l’essentiel réglée. Ainsi, l’Etat français affirme, contre toute évidence,
que le problème est beaucoup moins important depuis la fermeture du camp de Sangatte. Or, tant que l’existence
des exilés restera niée ou masquée, les responsables politiques continueront à se dispenser d’identifier les
causes de leur venue, de leur errance, de leur précarité et de s’exonérer de toute recherche de solution.
